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« La Dictée pour Tous », un parcours sans faute

De la banlieue à l’Elysée, « La Dictée pour Tous » réussit son pari de créer du lien social et intergénérationnel autour de la langue française. À l’initiative de ce concept, Abdellah Boudour, 34 ans, président de l’association « Force des Mixités ».


Passionné par le monde associatif, ce trentenaire au caractère bien trempé « rêve grand », après avoir organisé, sous le regard bienveillant de son père, une dictée géante dans la salle des fêtes de l’Élysée en présence du Président de la République et de son épouse Brigitte Macron. « C’est ma plus grande fierté », estime-t-il. Pourtant, il n’en est pas à son premier coup d’éclat. En juillet dernier, Abdellah avait déjà rassemblé près de 400 participants, tous âges confondus, à l’Assemblée Nationale. La prochaine étape prestigieuse s’est tenue (ou se tiendra, en fonction du tirage du magazine) le 12 octobre 2019 au château de Versailles. L’événement regroupant mille participants venus des quatre coins de France se donne pour mission de valoriser les quartiers et l’engagement social. Au début, rien ou presque ne prédestinait ce féru d’algèbre à rassembler les amoureux de la langue de Molière au-delà des barrières sociales.

Abdellah Boudour a battu le record de la plus grande dictée jamais organisée en fédérant 1234 participants à Drancy (93).

C’est à l’âge de seize ans que le jeune homme originaire d’Argenteuil s’est donné les moyens d’organiser des événements dans son quartier. Des tournois de foot au départ, mais au fil du temps, l’adolescent a décidé de s’impliquer dans la distribution de fournitures scolaires. En 2013, à la demande des parents et professeurs, Abdellah accepte de planifier sa première édition sur la Dalle d’Argenteuil. « Lors de ce premier événement, nous étions deux cents alors que j’avais prévu une quarantaine de participants», avoue-t-il. Aujourd’hui, son concept s’exporte jusque dans les hauts lieux de la République. Loin de se reposer sur ses lauriers, ce compétiteur dans l’âme a la vocation de passer le relais. « Je souhaite que le projet se développe sans moi, vive à travers d’autres personnes. Mon but est donc de déléguer quel que soit l’âge ou le milieu social », affirme Abdellah, déplorant « ne pas avoir eu cet héritage dans le quartier ». Sa plus grande peur est de voir mourir « son bébé », ce qui ne risque pas d’arriver de sitôt étant donné que ce concept sillonne la France et s’exporte même à l’étranger.

G.L

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