
On l’imagine immobile, silhouette délicate posée sur l’eau comme une touche de rose dans le paysage. Pourtant, le flamant rose est un infatigable voyageur. Derrière son apparente tranquillité se cache un migrateur capable de relier les lagunes camarguaises aux rivages du Maghreb et jusqu’au Moyen-Orient. Il suit une cartographie invisible, dictée par l’instinct et la quête d’eaux favorables. Au cœur de la Camargue, la Tour du Valat observe, étudie et protège ce grand nomade depuis plus de soixante-dix ans. C’est dans cette logique qu’est née l’initiative “Adopte un flamant”, un programme de mécénat populaire invitant chacun à soutenir concrètement la recherche et la préservation des zones humides. Car derrière l’élégance de l’oiseau se cache une réalité fragile : celle d’écosystèmes menacés par le changement climatique, l’urbanisation et la raréfaction de l’eau.
La Tour du Valat : 70 ans de sentinelle écologique
L’histoire commence en 1954 avec Luc Hoffmann, naturaliste visionnaire qui choisit d’implanter en Camargue un laboratoire à ciel ouvert. À une époque où la biodiversité n’est pas encore une priorité, il fait le pari audacieux de protéger les oiseaux des zones humides méditerranéennes avec cette conviction vissée au cœur : on ne protège bien que ce que l’on comprend. Dans les années 1960, la Camargue connaît d’importants bouleversements économiques. Les aménagements hydrauliques et l’intensification des activités humaines rendent les sites de nidification instables. Les flamants désertent alors la région. Face à cette alerte, les chercheurs intensifient le suivi : baguage des poussins, relevés des niveaux d’eau, analyses du comportement alimentaire des flamants et de leur dispersion. Les données accumulées permettent de comprendre des facteurs critiques et de restaurer des conditions favorables. Dès les années 1970, une colonie de reproduction se réinstalle en Camargue et les flamants reviennent massivement. La science a inversé la tendance. Au fil du temps, la Tour du Valat constitue une base de données exceptionnelle, forte de plus de 300 000 observations individuelles. Chaque bague lue raconte une trajectoire, éclaire les routes migratoires et renforce la compréhension de l’espèce à l’échelle méditerranéenne.
L’Orient et le Maghreb : des escales vitales
Le flamant rose unit les rives. Bagués en Camargue, de nombreux individus sont observés au Maroc, en Algérie, en Tunisie, et parfois jusqu’en Israël ou aux Émirats arabes unis. Chaque lecture de bague révèle une traversée et confirme que la population méditerranéenne forme une seule unité mobile. Chaque lecture de bague raconte alors une traversée, une histoire, une trajectoire. Coralie HERMELOUP, responsable communication de la Tour du Valat, nous a d’ailleurs relaté l’exemple du flamant portant la bague LHZB qui, en 2023, après une année passée sur le territoire tunisien, décida, en plein mois d’octobre, de retourner en Camargue… Pour finalement hiverner en Espagne dans le Parc naturel du delta de l’Èbre. La coopération transméditerranéenne est donc essentielle. La Tour du Valat travaille avec des partenaires au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Turquie… Les fonds issus des parrainages financent du matériel optique performant — longues-vues et jumelles — indispensable pour lire les bagues sans déranger ces oiseaux farouches. Ils soutiennent également des missions de terrain : diagnostics d’îlots menacés par l’érosion, restauration de sites de reproduction, harmonisation des protocoles scientifiques. Protéger le flamant en France sans préserver ses sites d’hivernage serait illusoire. Son cycle de vie dépend de plusieurs territoires complémentaires. Si l’un vacille, c’est toute la population qui s’en trouve fragilisée. La conservation doit donc se penser sans frontières.
Devenir parrain : un engagement concret et ludique
Avec « Adopte un flamant », chacun peut participer à cette diplomatie du vivant. Trois formules sont proposées : « Mascotte », pour parrainer Delta ou Plume ; « Membre de la famille », pour choisir un oiseau au sein de lignées identifiées ; et « Filleul idéal », qui permet même de donner un prénom à son flamant. L’expérience dépasse le simple don. À chaque observation de « son » oiseau, le parrain reçoit une alerte mail. La migration prend alors une dimension personnelle : l’oiseau aperçu au Maroc ou revenu en Camargue devient un lien tangible avec l’autre rive. Pour les résidents fiscaux français, le don est par ailleurs déductible des impôts, transformant un geste solidaire en engagement durable.
À l’heure où les frontières se crispent, le flamant rose trace une autre carte, faite de zones humides partagées et de destins liés. Protéger cet oiseau, c’est préserver des écosystèmes essentiels à la régulation du climat, à l’absorption du carbone et aux ressources en eau du bassin méditerranéen. Parrainer un flamant sur : monflamant.com, ce n’est pas le posséder : c’est accompagner son voyage — et, à travers lui, défendre un projet commun de biodiversité et de paix.
Pour aller plus loin : rendez-vous sur monflamant.com pour choisir votre formule et suivre les traces de ces ambassadeurs de la biodiversité.




