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Période de jeûne destinée à purifier le corps pour élever l’esprit et se recentrer sur le divin, le ramadan constitue une étape clef dans la foi musulmane. Toutefois, en France particulièrement, les tendances sont aux repas qui se perdent dans l’excès et ne facilitent pas le passage de cette période. « C’est une période spirituelle. », explique Stéphane Tétart, naturopathe à Paris et Vincennes, spécialisé dans la fatigue, les intolérances alimentaires et les métaux lourds, « les textes parlent de repas légers afin de ne pas alourdir l’esprit ». Sur le plan de l’organisme, il est effectivement recommandé de ne pas rompre le jeûne de manière brutale avec un repas trop lourd, trop sucré, ou trop gras.

Pour cela, Stéphane Tetart recommande de ménager son corps lors de la rupture du jeûne au moyen de jus de légumes, pour une hydratation optimale. « Les jus de légumes permettent au corps de mieux assimiler l’eau. » insiste-t-il, « Après cela, le soir, je recommande un tajine, idéalement pas trop cuit. » « Il faut surtout éviter le sucre. », conseille-t-il. À éviter également, les glucides, les protéines, et les céréales.

Durant cette période, le sommeil est également mis à mal. Difficile d’optimiser celui-ci après une journée de jeûne et un repas trop lourd. À cela, Stéphane Tetart propose une solution. « Le ramadan est une période de méditation. », explique-t-il. « Il faut savoir prendre un temps pour soi avant d’aller se coucher, un temps de réflexion, au calme, afin de pouvoir aller sereinement se coucher, et optimiser son sommeil. » Une nuit mal organisée accentue la sensation de faim et fragilise l’organisme pour la journée suivante.

« Les jus de légumes constituent un atout majeur lors de la rupture du jeûne. »

Au matin, avant une nouvelle journée de jeune, le spécialiste recommande les smoothies riches en vitamines. La recette est simple, mais efficace : une pomme, une banane, des fruits de saison, des graines, notamment de lin, de courge ou de tournesol, de l’huile, du lait de coco et une cuillère à soupe de poudre de protéine. Le lait de coco, extrêmement hydratant, permet également de retarder la sensation de soif et de faim. « Les trois premiers jours sont difficiles, c’est le temps que le corps se mette en mode diète et s’habitue au jeûne, commence à éliminer les toxines. », explique-t-il.

Stéphane Ttart insiste alors sur un dernier point: « Le ramadan est une période spirituelle, non un festival de la pâtisserie. Il ne faut pas l’oublier, même s’il est vrai que c’est tentant, surtout pour les plus gourmands! »

V.L

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Campagne d'affichage FN 2007

Ils sont Français d’origine étrangère, parfois musulmans et ils votent Front national. Un paradoxe pour certains. Pourquoi ces électeurs, que tout semble éloigner du parti frontiste, n’hésitent plus à lui offrir leurs voix ?

« La France aux Français ». Les déclarations fracassantes du Front national sont bien connues de tous. Et ses convictions anti-Islam ou anti-immigration, un secret de polichinelle. Les élections municipales des 23 et 30 mars derniers n’ont fait qu’auréoler un peu plus le parti bleu Marine d’une aura de respectabilité. Onze maires FN sont entrés en fonction. Et déjà les polémiques grondent, notamment concernant la stigmatisation de la population immigrée ou musulmane. Ainsi, le maire de Mante-la-Ville dans les Yvelines, Cyril Nauth, a récemment annulé un projet de mise à disposition d’une salle de prière officielle assez grande pour le nombre de fidèles musulmans. Pire : l’actuel local trop exigu risque de leur être retiré. Il y a aussi la récupération du FN des incidents qui ont suivi le match Algérie-Corée du Sud le 23 juin dernier. « Plusieurs feux de véhicules ainsi que de poubelles notamment à Vénissieux et à Vaulx-en-Velin » sont rapportés dans le journal le Progrès. Un fait qui n’a pas échappé à la députée Marion Maréchal-Le Pen qui y voit « une défaite pour la politique d’intégration menée par l’UMPS » et une « démonstration d’une nouvelle victoire du communautarisme sur la République ».

Un vote de contestation comme un autre

Malgré un discours faisant des amalgames sa marque de fabrique, le FN séduit une tranche de l’électorat de personnes d’origine étrangère ou musulmanes. Un vote de contestation presque normal. « Nous sommes déçus de la politique menée par la Gauche. Ces promesses non tenues, le paternalisme dont elle fait preuve envers les populations immigrées et le fait qu’elle ne change rien à la ghettoïsation dont ces populations sont les victimes » note N’deye*, une aide soignante albertivillarienne (93). Et les thèmes chers au FN, la délinquance et l’insécurité, font échos pour ces électeurs : « que croyez-vous, que les électeurs maghrébins par exemple ne sont pas sensibles à ces thèmes-là ? L’insécurité et les incivilités concernent tout le monde. Les gens qui profitent du système, personne n’aime. De plus en plus de Maghrébins votent Front national sans jamais oser l’avouer autour d’eux » expliquait Mehdi à France 24. « Le matin, quand tu te réveilles et que tu t’aperçois que ta voiture a été brûlée, tu ne te demandes pas si tu es d’origine étrangère ou non avant de t’énerver ». Le franc-parler de la présidente du parti frontiste sur ces problèmes d’insécurité semble séduire les esprits.

Et les préoccupations sécuritaires se concentrent sur les quartiers populaires. Le journaliste Akram Belkaid, qui signe régulièrement des tribunes libres, l’écrit depuis plusieurs années, le constat est amer : « De l’extérieur, les « quartiers » sont vus de manière uniforme avec l’image récurrente de populations soudées contre « les autres », habitants des villes, « gaulois » ou autres supposés nantis. Rien n’est plus faux (…) Il y a d’abord un premier constat. Les principales victimes de l’insécurité entretenue par « les voyous » qui sèment la terreur dans les quartiers sont leurs voisins qui partagent, le plus souvent, la même origine qu’eux ». Il poursuit : « Et quand un militant du FN se pointe et affirme la main sur le cœur qu’il sait distinguer le bon grain de l’ivraie, il est souvent bien mieux entendu et accueilli qu’un agité du Karcher ou qu’un vague représentant du PS ».

Patriotisme

Pour Farid Smahi, ex-membre du bureau politique du FN, interrogé par France 24, les électeurs d’origine étrangère du FN se revendiquent d’un patriotisme chevronné : « Je suis Arabe, je fais le Ramadan et je vote Front national. Je n’aime plus la viande Halal. Je ne supporte pas les femmes voilées et encore moins les femmes en burqa. La France est un beau pays, où le soleil ne se couche pas. On y boit du vin et on y mange du porc. Mes compatriotes musulmans doivent se calmer parce qu’ils n’ont pas à imposer leur religion à cette société. Il faut aussi qu’ils arrêtent de prier dans les rues, parce que les rues sont faites pour les voitures et les bus. Et même le prophète Mahomet, s’il était vivant aujourd’hui, prendrait le TGV et mettrait des costards à la mode. La France, soit on l’aime, soit on la quitte ». Plus royaliste que le roi ?

Fricotage médiatique, dédiabolisation

Autre phénomène à prendre en compte : le fricotage de certains représentants de la communauté musulmane avec de grandes figures du Parti tend à une normalisation de celui-ci. En 2011, par exemple, était créé à Marseille, l’Alliance Républicaine Ethique (ARE), par Stéphane Durbec, à l’époque Conseiller régional FN démissionnaire du parti depuis, et Omar Djellil, responsable de la mosquée Al Taqwa, porte d’Aix (13). L’association souhaitait opérer « un rapprochement possible entre le FN et les citoyens français issus de la diversité ». Depuis Stéphane Durbec a quitté le Parti dénonçant « une dédiabolisation de façade ».

Mais ce phénomène de dédiabolisation, qu’il soit de façade ou non, entrepris par Marine Le Pen depuis son arrivée à la tête du Parti en 2011, semble marcher. « C’est bien cela le problème » note Ahmed* , jeune militant anti-racisme, « le parti FN n’est plus assimilé à de la xénophobie, il touche toutes les couches de la société parce qu’il a su parler de crise, de mondialisation néfaste, du chômage et d’impuissance des politiques classiques. Ce qui touche tout le monde en somme, que tu sois blanc, jaune, noir ou vert ! Mais ce n’est qu’une illusion. Le FN reste un parti d’extrême ! Objectivement comment voulez-vous trouver des points de convergences entre certains militants FN qui revendiquent « l’invasion des étrangers en France » et des électeurs d’origine étrangère. C’est absurde ! ».

Cette situation inédite reste pour beaucoup incompréhensible. Et si le réveil s’avérait douloureux ? Onze maires FN sont à la tête de municipalité en France, six ans pour convaincre un peu plus ou faire ouvrir les yeux à ces électeurs du FN.

* par souci d’anonymat les noms ont été changés.

E.O

Alors que des milliers de jeunes convertis se préparent à jeûner le mois de Ramadan avec ferveur et soumission, leurs familles, quant à elles, ne partagent ni leurs convictions ni leurs pratiques. Une situation d’isolement pas toujours facile à vivre. Face aux différentes réactions de leurs familles respectives, les convertis s’adaptent et vivent tant bien que mal le mois de Ramadan.

Une conversion pas toujours acceptée

Ils n’avaient ni racines, ni parents musulmans et pourtant, comme plusieurs milliers de personnes en France chaque année, ils ont embrassé l’Islam. « Lors de ma conversion, mes parents n’ont pas compris, ils pensaient que je les reniais. Ma mère, notamment, l’a très mal pris. Mais ils sont ouverts et après de longues discussions, ils ont fini par accepter mon choix » nous confie Mélissa qui s’est convertie à l’Islam il y a deux ans. Même son de cloche pour Sarah qui a, aujourd’hui encore, du mal à renouer les liens avec son frère. « Au début, ma mère a eu du mal à accepter mais maintenant tout va bien avec elle. Mon frère, par contre, ne me parle plus depuis ma conversion. Pourtant, nous étions proches ». Il faut dire que l’annonce est un choc pour la famille. Submergé entre incompréhension et sensation de trahison, l’entourage prend parfois des décisions radicales. C’est le cas de Clara, 16 ans à peine et convertie depuis 2011. Elle a dû faire face à ses parents pieds-noirs qui sont très anti-religion. « Cela a été très compliqué parce que j’étais très jeune à l’époque et j’ai tout de suite porté le jilbeb donc ils ont eu beaucoup de mal à accepter. Et ils m’ont mis à la porte de chez eux». Contrairement à Mélissa, Sarah et Clara, Nicolas se souvient d’une mère très conciliante : « Si c’est ce que tu veux, fais-le » lui avait-elle simplement dit. Passée l’étape de l’annonce à la famille, vient l’épreuve, pas si évidente du premier Ramadan. Et, que les parents aient accepté la nouvelle religion de leur enfant ou pas, la pratique de ce pilier de l’Islam se fait parfois dans la solitude.

La difficulté de la solitude

Alors que pour la plupart des musulmans, Ramadan rime avec convivialité, pour les convertis, le neuvième mois du calendrier hégirien se conjugue au singulier. Contraints de manger seuls et parfois même de se cacher, leur premier Ramadan a souvent été le plus difficile, les choses finissant en général par s’améliorer au fil du temps. « Mes parents savaient que je m’étais convertie mais ils ne s’étaient toujours pas fait à l’idée donc par respect pour eux, lors de mon premier Ramadan, je me cachais. La deuxième année par contre, tout s’est passé nettement mieux, ils me soutenaient et évitaient de manger devant moi. Ils m’aidaient même à préparer le ftour ! » confie avec joie et soulagement Farah. Clara, qui vit désormais chez une amie, a passé un premier Ramadan plutôt difficile alors qu’elle habitait chez son père. « J’étais la seule à respecter le mois de Ramadan. Je mettais fin à mon jeûne en mangeant des pâtes car mon père n’achetait que ce type de nourriture et je n’avais pas les moyens de faire mes propres courses. Mais aujourd’hui, j’ai fait connaissance avec des sœurs qui m’ont intégrée dans leur famille et tout va mieux ». Melissa, elle aussi, a dû faire face à la solitude notamment lors de la préparation des repas. « En général, je me fais à manger toute seule même si ma mère me prépare aussi des bons petits plats de temps en temps ». Pour ce qui est du ftor, « mes parents mangent très tôt, ce qui fait que je mange toute seule ». « Je souffre un peu de la solitude » nous avoue-t-elle, « quand je suis invitée chez des amies, je vois la différence.

Les amis en substitution à la famille

« Avec deux autres sœurs converties, on essaye de se réunir dès qu’on en a l’occasion pour que cela soit plus convivial ». D’ailleurs, Melissa conseille à tous ceux qui sont seuls de « ne pas hésiter à faire des connaissances à la mosquée ou ailleurs ». Car c’est bien là l’idée, s’éloigner de la solitude et trouver un cadre convivial plus en adéquation avec les principes du mois sacré de Ramadan. Et comme le dit la jeune femme, « le soutien des copines converties est très important, il permet de se sentir moins seul ». Même discours de la part de Nicolas qui affirme que ce qui facilite son jeûne est le fait d’être entouré par des amis qui font, eux aussi, le Ramadan. Clara a, elle aussi, trouvé du réconfort auprès de ses amies après avoir été mise à la porte par ses parents. Elle a été accueillie par l’une d’entre elles et s’est très bien intégrée dans les familles musulmanes. La preuve que dans cette quête de convivialité, les amis sont d’un grand secours. Pourtant, il ne s’agit là que d’une solution temporaire et certains trouvent une réponse permanente à ce problème dans le mariage.

« J’ai hâte de fonder ma famille »

Se sentant seuls alors même qu’ils sont entourés par leur famille, certains convertis finissent par trouver leur équilibre lorsqu’ils fondent leur propre foyer. Ainsi, ils peuvent partager avec leur conjoint des soirées chaleureuses autour du repas. C’est le cas de Sarah qui se sent beaucoup mieux depuis qu’elle s’est mariée et qu’elle a son propre cocon familial, « cela permet de partager ces moments dans la convivialité avec des personnes qu’on apprécie mais surtout qui nous comprennent ». Quitter le foyer familial à la recherche d’un partage impossible à trouver chez eux, c’est l’histoire de bien des convertis qui souffrent de l’incompréhension de leurs proches. Farah l’a compris et s’est mariée à peine trois mois après sa conversion. Elle avoue volontiers que le mariage a été une solution à la solitude qu’elle aurait certainement vécue chez ses parents pendant le mois sacré de Ramadan.

Des amis, un conjoint, une nouvelle famille qui ne pourront pourtant jamais remplacer les parents que les convertis aimeraient voir autour d’eux. Car si le Ramadan est synonyme de partage, de convivialité et de pardon, certains semblent avoir du mal à obtenir cette rédemption et l’acceptation de leur famille. Seuls le temps et la patience, leur permettront peut-être un jour de retrouver les liens qui les unissaient à leurs parents ou frères et sœurs.

S.B

Quelques chiffres

Selon une estimation du Pew Research Center, il y a environ 4,7 millions de musulmans en France, soit 7,5% de la population. 70% de ces musulmans déclarent jeûner pendant tout le mois de Ramadan. Le service des cultes du ministère de l’Intérieur avance le nombre de 4 000 personnes converties à l’Islam chaque année.

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