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Arabofolies : quand les Résistances du monde arabe se chantent, se dansent et se partagent 

Aziza Brahim

C’est officiel, le festival Arabofolies est lancé ! Pluridisciplinaire, transversal et trimestriel, le festival s’axe, pour sa première édition du 1er au 10 mars, autour des Résistances.

« Lancer les Arabofolies la semaine où tombe la journée internationale des droits des femmes, c’est symbolique, on voulait que ce soit fort », explique Dorothée Engel, chargée d’action culturelle, « le forum ‘Citoyennes ! Les sociétés civiles à l’épreuve’ du 8 mars traitera donc de la condition des femmes ». Ce forum fera « résonner le combat de femmes de la société civile du monde arabe », appuie Dorothée Engel, « on y retrouve 9 citoyennes -militantes, entrepreneures, blogueuses…- qui viennent livrer leurs projets et expériences menés dans leur pays sur des sujets liés aux femmes et à leur place dans la société ».

« La musique, comme l’art en général, véhicule des idées fortes et fédère »

Autour du fil thématique des résistances, les différents intervenants feront vivre les liens existants entre les diverses disciplines prévues au cours de ce festival haut en messages et en bienveillance. « La musique, comme l’art en général, véhicule des idées fortes et fédère », poursuit Dorothée Engel, « nous invitons des femmes qui ont des choses à dire ».

Du Maghreb au Proche-Orient : l’art et l’engagement à l’honneur

Et en effet, la force de la programmation tient dans ces artistes qui viennent partager courage et volonté à rester debout, « résistant face au monde fracassé qui est le leur ». Au menu, six concerts viennent mêler diversité, tradition et modernité, artistes reconnus ou émergents, dans une variété de styles à en perdre la tête et ravir les oreilles. Au-delà de la musique, c’est le cinéma qui s’invite aux Arabofolies. La réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid viendra donc présenter son film « A peine j’ouvre les yeux », faisant vivre les derniers jours avant la révolution. Également au programme, « Maghreb : l’héritage à l’épreuve de l’égalité », séance issue des jeudis de l’Institut du Monde Arabe. L’occasion, à partir de la nouvelle loi tunisienne instaurant l’égalité femmes-hommes dans l’héritage, de faire un état des lieux de la question dans l’ensemble du Maghreb. Des cultures palestinienne et syrienne revisitées par Naïssam Jalal et Osloob, à l’iconique sahraoui Aziza Brahim, c’est un véritable répertoire de « passeurs d’émotion », sourit Dorothée Engel, qui viennent dessiner ces dix jours.

Un festival rafraichissant qui, au lieu de questionner comme on en a l’habitude le monde arabe sous un prisme occidental, renverse la tendance, et met en lumière nombre de démarches inspirantes pour les sociétés occidentales*.

 

*Inscription et programme sur le site de l’IMA : www.imarabe.org 

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