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« Aicha, la femme dont j’ai rêvé »

Nouha Rochdy, 24 ans, auteur du roman "Aicha, la femme dont j'ai rêvé"

 

Elle est jeune, brillante et se nourrit des histoires de vies qu’elle aiment tant écouter et raconter.  À tout juste 24 ans, Nouha Rochdy publie son premier roman« Aicha, la femme dont j’ai rêvé » inspiré de l’histoire vraie d’Aicha afin que perdure sa mémoire.

 

Echos d’Orient : Nouha, peux-tu te présenter ?

Nouha : j’ai 24 ans, je suis originaire de fes et d’Errachidia. Violoniste et écrivaine, je suis née à rabat. Je suis titulaire d’une licence en management touristique, d’un master en stratégie et management d’organismes touristiques à l’Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger et d’un master en commerce international à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Souissi Rabat.

Comment t’es venue l’envie d’écrire ce premier roman ?

L’idée est née avec moi. Je suis passionnée par l’écriture depuis mon jeune âge.  Il m’arrivait alors d’écrire souvent et à tout moment de petits textes, et comme  tout écrivain l’écriture suit une inspiration qui souvent le marque à vie. L’écriture représente pour moi ce micro qui me permet de transmettre le message de ces gens. L’histoire d’Aicha m’a énormément touché et a suscité en moi cette envie de crier fort les détails d’une très grande polémique concernant les maisons de retraite et ce qu’elles rassemblent d’histoires épouvantables.

En quoi l’histoire de cette femme t’a donné l’envie de la raconter ?

Ce n’est pas l’histoire d’Aicha en réalité qui m’a inspiré, c’est plus son courage d’assumer la personne qu’elle était et surtout l’amour qu’elle gardait au plus profond de son cœur malgré toutes les épreuves par lesquelles elle est passée. Et honnêtement, à cette période, où j’écrivais la nouvelle, je me sentais extrêmement faible et elle fut mon remède. La vie d’Aicha m’a été de bon conseil. Je me suis donc plongée dans son histoire et j’ai beaucoup appris. J’ai la conviction que ce ne sont pas les gens qui nous inspirent , ou même leurs histoires. Ce sont plutôt leurs regards qui nous brulent et plus encore leurs paroles qui éveillent en nous la force de devenir meilleure. Aicha m’a tout raconté sur sa vie et encore ce n’est qu’une histoire des plus maquillée des histoires de la femme marocaine. Mais elle reste celle qui a réveillé en moi cette rage de défendre à jamais l’existence de la femme marocaine.

Quelle relation as-tu entretenue avec elle ?

En 2012, j’ai organisé pendant le mois de Ramadan avec des amis un ftour dans une maison de retraite. Evidemment, nous avons rompu le jeune tous ensembles sur la même table. Et c’est là qu’Aicha m’appelle pour lui donner des dattes et du lait. C’était peut-être le destin ou simplement le hasard. Nous nous sommes mises à discuter et elle a commencé à me raconter son histoire qui m’a beaucoup touchée, inspirée et fascinée. Moi, qui n’avais que 17 ans j’ai commencé à écrire quelques extraits sur son histoire. Une année plus tard j’apprends son décès et par le même hasard qui nous a réuni la première fois j’apprends que j’entretiens un lien familial très lointain avec elle. De là que m’est venue l’envie d’écrire son histoire .

Que retiens-tu de l’histoire de cette femme ?

De l’histoire d’Aicha, on ne retient rien et nous retenons tout à la fois. Les événements qui l’ont détruit ce sont les mêmes qui l’ont maintenu vivante jusqu’à ses 73 ans. L’histoire d’Aicha n’est autre qu’une douce, fine et légère cicatrice de l’histoire de la femme.

Comment perçois-tu la place qu’occupe la femme marocaine au Maroc ?

Mon travail de recherche lors de mon master en stratégie et management d’organismes touristiques touchait justement ce volet de la place qu’occupe la femme marocaine dans la société, la question de la parité professionnelle entre femme et homme dans le secteur hôtelier en particulier. Et je peux affirmer que certes beaucoup de réformes sont de mise pour notamment lutter contre toutes les formes d’injustices sociales mais de mon point de vue personnel, je dis et je le dirai toujours. Seule la femme marocaine aujourd’hui est capable de défendre son nom. Car même de nos jours avec tout le développement dans lequel nous vivons certaines injustices persistent et nuisent au développement personnel et professionnel de la femme. Nous ne pourrons jamais corriger l’histoire, ni nos différences biologiques face aux hommes ! Ce serait absurde de toute façon. Mais nous devons nous battre encore et encore. La vraie femme marocaine d’antan et d’aujourd’hui est une femme très admirable, très forte, très productive et surtout très indispensable à l’épanouissement de la société. Faisons d’elle le bijou exceptionnel et elle fera de notre pays l’un des plus braves et des plus développés.

Quel message souhaites tu transmettre ?

​Cherchez à écrire vos propres histoires, cherchez à marquer l’histoire et cherchez à soutenir notre histoire ! Un stylo n’est autre qu’un micro ! Comme on dit : « Toute expression mérite égard ». J’invite tous les gens qui ont pu lire cet article à découvrir mon ouvrage, et à me faire part de leurs impressions.

Quels sont tes projets ?

Actuellement, je travaille sur l’histoire d’une jeune femme vivant au Nord-Est du Maroc, précisément dans la ville de Bouarfa province de Figuig. C’est l’histoire d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, violée et à mobilité réduite qui nourrit toute une famille des miettes que seul le destin lui jette de temps à autre. Ce sera un roman et les bénéfices seront totalement reversés à “Jamila” l’héroïne de l’histoire.

 

 

Résumé du livre :

Aicha, la femme dont j’ai rêvé est issue de l’histoire vraie d’une vieille femme marocaine.
La narratrice raconte sa rencontre avec un jeune homme, comment leur relation est née et comment leurs rapports ont évolué jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre.
Une nouvelle qui se veut romantique et en même temps critique de la société d’antan !
Aicha finit sa vie en prostituant sa chair sur les trottoirs de la ville de Tanger. Portant un enfant dans ses entrailles, elle a perdu tout ce qui la liait à ses origines, à sa religion et à elle-même.

Plus d’infos : rochdynouha@hotmail.fr

2 Comments

  1. Bravo, cela fait plaisir de voir que le Maroc à des talents!!!
    Comme quoi, la determination et l’éducation permettent de faire de grandes choses, cela doit encourager tout le monde car il y a la ressource humaine capable d’accomplir de grandes choses au Maroc, il n’y a pas que les français qui réussissent à laisser des traces dans notre histoires.

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