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Le 27 novembre 2014 a eu lieu un évènement désormais incontournable au World Trade Center à Marseille : « Saveurs du Monde ». Olivier Van de Winkel, président de l‘UCCAB répond à nos questions.

Echos d’Orient : Comment est née l’idée d’organiser un événement autour de la cuisine ?

Olivier : Pour remettre les choses dans leur contexte, cette manifestation était d’abord destinée aux chambres de commerce étrangères présentes à Marseille et membres de l’UCCCAB. Nous souhaitions faire une manifestation destinée à la promotion des pays représentés. Très vite, nos avons pensé à y associer les Consulats Marseillais, souvent soucieux de véhiculer une image positive de leur pays, qu’elle soit culturelle, économique ou touristique. Nous avons la chance à Marseille de compter 80 représentations consulaires.
 Pour découvrir un pays et y faire du business, il faut déjà s’imprégner de sa culture pour mieux comprendre son fonctionnement. Le vecteur que nous avons choisi fut donc la découverte culinaire et les spécificités gastronomiques de chaque pays. Cet événement était destiné principalement à un public d’entreprise, des membres des chambres étrangères ou encore des structures tournées sur l’export et l’international.


La deuxième édition « saveurs du monde » a été un véritable succès, selon vous quelle est la recette d’un tel engouement ?

Après une première édition qui avait rassemblé 17 pays et 450 invités, cette seconde édition a permis à 28 pays d’exposer auprès de 800 convives triés sur le volet. Je pense que nous avons, à Marseille, une vraie volonté des entreprises de se tourner à l’international et une intention de beaucoup de pays de les attirer ou encore de communiquer sur leurs atouts. Cet événement en est la rencontre. Le World Trade Center Marseille Provence a mis a disposition une logistique efficace pour nous accueillir. Nous avons été ravis de l’engouement des chambres et des consulats qui ont contribué au succès de la manifestation en cherchant à surprendre leurs visiteurs par l’originalité et la convivialité. Chaque pays avait également mis a disposition des lots originaux qui ont été tirés au sort au bénéfice des participants qui ont ainsi gagné plusieurs séjours, billets d’avion, paniers gastronomiques, …

Comment s’annonce la troisième édition ? 

Après le succès de ces deux éditions, d’autres pays nous sollicitent pour participer à la prochaine édition. Nous envisageons avec notre partenaire du World Trade Center la possibilité d’ancrer cet événement annuellement. Il se veut être une soirée de réseautage incontournable basée sur la curiosité, la convivialité et l’ouverture. Pour le reste, la troisième édition réservera bien d’autres surprises.

Quel sens donneriez-vous à cet événement culinaire ?

Ce n’est pas tant la cuisine qui est à l’honneur mais les saveurs. Elle sont autant différentes qu’il y a de pays et sont le symbole de la diversité des cultures. Pour l’occasion, trois univers ont été crées : l’Europe, l’Orient et les destinations lointaines. Nous avons par exemple pu goûter des bières venant de République Tchèque, de Grande Bretagne ou de Belgique, mais aussi de la Vodka russe, des vins d’Afrique du Nord. Nous avons également eu l’occasion de déguster des harengs hollandais, des produits de Hongrie ou d’Allemagne. La cuisine méditerranéenne y était aussi bien représentée, du Maroc à la Turquie en passant par l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et Israël, mais également de la Grèce au Portugal via l’Arménie, la Bulgarie, l’Italie et l’Espagne. Plus exotique encore, des saveurs du Mexique, du Rhum de République Dominicaine, du chocolat de São Tome & Principe. L’Extrême-Orient nous a régalé avec des sushis japonais, des gâteaux indonésiens, des mets indiens, …Saveurs du Monde est le seul événement où vous pouvez faire le tour du monde en une seule soirée, tout en égayant votre réseau professionnel.

Quelques mots sur l’UCCCAB…

L’UCCCAB est l’Union des Chambres de Commerces et des Clubs d’Affaires Bilatéraux. Cette association compte parmi ses membres 14 structures destinées aux relations économiques entre la France et les pays représentés. Son objectif est de permettre à ses membres de faire des synergies d’actions vers l’international, mais également d’être force de proposition pour améliorer les relations avec les pays étrangers. L’UCCCAB permet également aux représentations diplomatiques dépourvues de missions économiques d’accéder à un réseau local et de leur permettre de faire émerger leur propre structures.

F.C

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Symbole de l’art culinaire marocain, Choumicha Chafay est une redoutable femme d’affaires qui a su se diversifier dans de nombreux domaines. En effet, elle a su allier à ses talents de cuisinière d’exception, d’autres atouts qu’elle nous dévoile.

Choumicha, véritable success story

Connue partout dans le monde pour ses fameuses recettes de cuisine mêlant tradition et innovation, Choumicha ne laisse pas s’éteindre cette flamme qui l’anime depuis le début de sa carrière. Au contraire, elle la ravive et démontre à chaque instant qu’elle possède mille et un tours dans son panier pour faire naître de nouveaux projets. Avec ses idées novatrices, cette grande passionnée compte encore et toujours nous surprendre.

Une passion grandissante
Choumicha est née en 1972, à Casablanca. Le Bac et un diplôme en Marketing et Communication en poche, elle s’envole vers l’univers des médias. Elle n’était donc pas directement prédestinée au monde de l’animation culinaire et pourtant… « Je suis issue d’une famille qui s’intéresse tout particulièrement à la cuisine comme beaucoup de familles traditionnelles, maintenant est-ce que j’ai voulu en faire mon métier ? Sincèrement non. Il est vrai que certains animateurs culinaires me passionnaient. Mais lorsque l’on m’a proposé une émission avec un chef cuisinier, j’ai refusé et j’ai voulu la présenter seule » nous confie t’-elle. C’est lorsqu’elle travaillait comme animatrice radio, puis chargée de production qu’elle s’est faite remarquer par Hamid Zerouali, réalisateur de la chaîne marocaine 2M. Au début des années 2000, elle débute donc sa fantastique aventure d’animatrice culinaire avec « Ch’hiwate Maa Choumicha » (délices avec Choumicha) diffusée du lundi au vendredi, suivie de « Ch’hiwate Bladi », (délices de mon pays), en 2003, émise le samedi. En 2014, l’émission hebdomadaire est diffusée tous les jours, vers 15h30 sur 2M Monde. Cette vocation pour la cuisine est née avec le temps et la jeune femme s’applique à proposer des recettes revisitées en y incorporant, à chaque fois, de nouveaux ingrédients. Son savoir-faire lui a été transmis par sa grand-mère qu’elle qualifie comme étant très attachée à la tradition culinaire marocaine. Une tradition dont nombre de personnes souhaitent préserver l’authenticité, mais qui tend à s’ouvrir aussi vers d’autres horizons, notamment vers certaines saveurs occidentales.

« Je ne m’attendais pas à un tel succès mais lorsque cela arrive, ce n’est que du plaisir.. »

Une émission qui la propulse au sommet

Choumicha connaît très vite un grand succès. Son talent, sa fraîcheur font d’elle la star des familles et s’impose rapidement comme l’une des présentatrices les plus célebres du maroc. C’est cette proximité avec les gens, sans aucune distinction, qui lui vaut autant de sympathie de la part du public. Elle n’aurait, cependant, jamais pensé susciter autant d’intérêt. « Je ne m’attendais pas à un tel succès mais lorsque cela arrive, ce n’est que du plaisir et cela nous permet d’évoluer, on est toujours à la recherche d’un parcours zéro faute », indique la jeune femme. Elle invite ainsi les téléspectateurs de tous horizons à un voyage culinaire où s’entremêlent des saveurs et des parfums provenant des quatre coins du pays, mais aussi d’ailleurs. L’  « étranger » , Choumicha le connaît bien puisque son métier lui a permis de voyager et de faire découvrir ses recettes, notamment en occident ainsi que dans d’autres pays du Maghreb. Partout où elle se rend, elle se sent comme chez elle et, à travers le monde, ses téléspectateurs se comptent par milliers. Son talent trouve aussi écho en Europe où elle est invitée à être membre du jury dans une émission Masterchef tournée au maroc en 2012. Au fil des années et parce qu’elle met un point d’honneur à la transmission, elle édite plusieurs livres de recettes. Ainsi que le premier magazine culinaire : Saveurs et cuisines du Maroc diffusé au Maroc, en France et en Belgique. Ambitieuse, la jeune femme, ne s’arrête pas en si bon chemin. Le site www.choumicha.ma voit le jour et développe sa boutique en ligne « Dar Choumicha », à travers laquelle, elle propose des épices et du thé bio en vente. Parallèlement, elle a lancé Choumichaweb TV où elle partage toujours ses secrets culinaires, notamment durant le Ramadan. Soucieuse de proposer de la nourriture saine, la jeune femme est membre actif du mouvement international « Slow Food », un réseau qui tend à sensibiliser l’opinion publique à l’écogastronomie et à l’alter-consommation.

De l’art culinaire au monde de la beauté

Ambassadrice culinaire, émissions de téle, édition, publicité…Choumicha devient une véritable image de marque. Récemment choisi par l’Oréal Paris pour représenter la nouvelle coloration permanente, sans ammoniaque et enrichie en micro-huile « Prodigy ». Une façon pour elle de se teindre les cheveux sans trop les fragiliser, puisque jusqu’ici elle utilisait les produits naturels tels que l’huile d’argan et d’olive ainsi que des mélanges réalisés à partir d’écorces de grenade pour les entretenir. Soucieuse de mettre en valeur la beauté de la femme, elle prodigue ainsi conseils et recettes beauté au naturel sur sa Web TV « Choumicha Mode & beauté ». Parce que beauté rime aussi avec tendances, elle propose également des vidéos intitulées « Un thé avec…», réalisées avec de grands stylistes de renom tel que Lahoucine Ait El Mahdi, Siham El Habti ou encore Zahra Yaagoubi. Portant sur un thème différent à chaque fois, ces séquences sont tournées dans le but d’apporter un éclairage sur les notions de style et sur les nouvelles tendances. En matière de vêtements traditionnels, Choumicha porte très souvent des caftans, gandouras, djellabas de très bon goût lors de ses passages sur le petit écran.

Création culinaire, vente de produits bio, mode et beauté..Aucun domaine ne semble avoir de secret pour Choumicha. Une nouvelle rubrique : « Art de vivre », verra bientôt le jour sur le web. Choumicha n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin..

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Il improvise, débarque en jean basket, allie cuisine et comédie. Abdel ALAOUI a su imposer son style bien décallé. Il nous surprend une fois de plus avec son nouveau One man show mélant cuisine et art théatral. Une vague de fraicheur, de la passion, un grain de folie. Tous les ingrédients sont là et font le talent de ce cuistot des temps moderne. Rencontre.

Abdel ALAOUI , One man Chaud !

Echos d’Orient : Depuis ton émission dans « L’Edition spéciale » sur Canal +il s’en est passé des choses, raconte-nous…

Abdel : « L’Edition spéciale » sur Canal + m’a ouvert pas mal de portes et j’ai pu réaliser des émissions notamment sur D8 avec « Street cuisine ». J’allais dans la rue avec mon triporteur et j’arrêtais les gens pour improviser une recette. J’ai pu ensuite franchir les portes de France 5 avec « C à vous » diffusée le soir en direct à 19h. Je passe aussi dans l’émission de Sophie Davant, « C’est au programme », à 10h, sur France 2. J’ai également travaillé pour la chaîne Cuisine plus dans une émission intitulée « Mix & Cook », j’avais pour but de mixer les genres, les spécialités de chaque pays, ainsi que « la cuisine d’Abdel », diffusée pendant le Ramadan. J’invitais des personnalités de confession musulmane et nous réalisions leurs plats d’enfance préférés pour le f’tor. « L’Edition spéciale » m’a offert de nombreuses opportunités et même celle de monter sur scène.

Depuis peu tu es l’animateur de l’émission « Chez Rémy » sur la chaîne Disney Channel, nouveau public, nouveau défi ?

En effet, j’ai commencé à tourner cette émission qui sera diffusée à partir du 6 octobre, vers 18h10 sur Disney Channel. Le concept de cette émission fait écho à l’attraction Ratatouille mise en place cette année à Disneyland Paris. Le défi est d’entraîner, sur une dizaine d’émissions, des enfants à préparer la plus grosse ratatouille du monde. Le concours final aura lieu à Disneyland Paris, en plein air. Avec des experts en cuisine tels que Norbert, ou encore Elodie Martin, nous allons les coacher, leur expliquer la découpe des légumes, par exemple, la façon de travailler en équipe… Il s’agit certes d’un nouveau public, mais j’ai eu l’habitude de tourner avec les enfants, notamment lorsque je présentais l’émission « Canaille Plus », sur Canal + Family.

En France, la plupart des émissions culinaires présentent des chefs habillés en blanc, très rigides. Toi tu arrives en jean’s, baskets. Comment as-tu réussi à imposer ton style ?

J’ai toujours voulu faire les troubadours en cuisine. En regardant les émissions de cuisine à l’époque tous les grands chefs portaient des toques, des tabliers… Je me disais qu’il était dommage de ne pas arriver tout naturellement en jean’s, baskets, de jongler avec mes couteaux et de cuisiner. C’est en allant à Londres, où j’ai travaillé durant six mois, que j’ai eu le déclic. Là-bas, j’ai découvert Jamie Oliver à la télévision, en tenue décontractée et je me suis dit qu’il n’y avait aucune raison que ce concept ne fonctionne pas en France. En rentrant à Paris, je me suis mis à développer cet aspect-là de mon image et cela a séduit Canal +. Aujourd’hui, je m’impose comme tel, en jean’s, baskets. Habillé de cette manière, je trouve que cela rend la cuisine plus accessible et lui donne un côté décalé.

« grâce aux mélanges des cultures la cuisine française évolue »

Tu as vécu à Londres, l’approche de la cuisine est très différente, selon toi que manque-t-il aux émissions culinaires en France ?

Actuellement, il ne manque rien, nous commençons à avoir de belles émissions. Peut-être un peu de folie, de la prise de risque. En commençant à la télévision, il y a huit ans, c’était dur d’imposer un style, de faire des gags ou de donner des thèmes en cuisine. Mais, aujourd’hui, grâce notamment aux émissions telles que « Top Chef » ou « MasterChef », cela a ouvert une brèche et nous avons de belles émissions. Finalement, ce qui est intéressant c’est l’animation du personnage. Les recettes on peut les retrouver sur Internet. Nous ne sommes pas encore au niveau de ce qui se produit en Angleterre ou aux Etats-Unis, mais il y a eu un grand changement en l’espace de cinq ans. Grâce aux mélanges des cultures, où chacun ajoute sa touche personnelle, la cuisine française évolue. Aujourd’hui, la tendance est à la cuisine végétale, venue des pays scandinaves qui allie les saveurs d’herbes et de fleurs.

Tu as déjà travaillé avec de nombreux restaurateurs reconnus : Jacques Pactol, Guy Guenego, Michel Rostang.. Quelle expérience en as-tu tiré ?

Il s’agit de Chefs qui ont une histoire et qui arrivent avec leurs bagages, leur lot d’expériences. Ils m’ont transmis la rigueur. J’ai connu deux côtés du monde culinaire : l’un militaire en France, et l’autre avec un aspect décontracté, anglais, avec une cuisine autodidacte. Quand je travaille avec mon équipe, j’essaye de créer une belle ambiance où règne la bonne humeur, mais en même temps j’impose une certaine rigueur pour proposer de bons plats.

Tu as confié plus jeune être obligé de vivre en secret ta passion pour le théâtre..

impensable pour tes parents de te voir exercer ce métier… Ont-ils changé de regard ?
Dans notre culture monter sur scène n’est pas très bien perçu. Au collège je répétais souvent en cachette mes pièces de théâtre. Le jour où ils m’ont vu à la télévision, mes parents m’ont dit : « Dis-donc tu es super décontracté à la télé ! ». Là, je leur ai avoué que j’aimais le théâtre et leur ai rappelé cette petite anecdote, en ajoutant que les cris provenant de ma chambre étaient dus à mes répétitions ! En dix ans leur regard a changé, ils se rendent compte que le théâtre n’est pas forcément un lieu de débauche.

C’est donc tout naturellement que l’on va bientôt te découvrir sur scène avec ton nouveau one man show culinaire, peux-tu nous en dire quelques mots…

Ce qui ressort à travers mon one man show, c’est le lien qu’il y a entre la cuisine et l’art théâtral. La scène représente la cuisine et les comédiens, les cuisiniers. Quand on est en cuisine, en plein « rush » c’est un peu comme si on était sur scène, on se doit de satisfaire le client. Le chef fait « l’aboyeur », un terme théâtral pour désigner une personne qui crie. Une mise en scène se met alors en place. Dans mon spectacle, je raconte plus ou moins la manière dont j’ai commencé. Mon personnage a 15 ans au départ et il évolue. Je joue aussi le rôle des Chefs que j’ai rencontrés, des éducateurs avant de choisir ce métier, je décris mon entretien d’embauche dans le restaurant de Johnny, je rêvais de l’intégrer à l’époque… Je parle aussi de mon arrivée au Fouquet’s, les gens ne me prenaient pas au sérieux car j’avais 23 ans et j’étais déjà Chef. Mon one man show retrace tout mon parcours professionnel de l’éclosion de cette passion jusqu’à aujourd’hui.

Comment t’est venue l’idée de mêler comédie et cuisine ?

A force de faire des lancements, des sketchs, de la télévision, de faire mon show en quelque sorte. J’ai toujours mêlé l’humour et le spectacle à ma cuisine.

Tu surfes sur la tendance des « food truck » et tu lances ton Camion a burger (le C.A.B) penses-tu que la cuisine nomade, est une alternative à la mal-bouffe ?

La street food se développe de plus en plus en France. Attention, il y a street food et street food. Celle par laquelle j’ai été bercé qui regroupe les kebabs et faux burgers et la nouvelle tendance qui fait appel à des grands cuisiniers, qui se lancent dans l’exploration du burger, le hot-dog, le bagel, le wrap, autrement dit dans la finger food, (tout ce qui peut se manger avec les doigts). Bien sûr, cette nouvelle tendance est exploitée avec des produits de qualité et frais. Le principe de cette restauration qui existe depuis longtemps aux U.S.A. est d’aller à la rencontre du client.

Tu as également ouvert un restaurant, le « Bar à Burger », quelle est la différence entre les deux ?

Nous proposons la même carte « Au bar à Burger » et au Camion à Burger. La différence se trouve dans le fait que les gens peuvent s’installer, déguster des salades aussi et découvrir les jus maison… En revanche, au CAB, nous ne sommes ouverts que sur une tranche horaire très courte et nous proposons essentiellement que des burgers, mais ils sont tout de même réalisés à partir de produits frais et des fruits et légumes de saison. Côté décoration, le restaurant s’inspire de la tendance scandinave avec du mobilier très épuré, réalisé à partir de matières brutes telles que le bois, le marbre, l’ardoise et la pierre. Ma cuisine est transparente, ainsi le client voit comment nous préparons les plats. Ma clientèle provient d’horizons différents et pour les musulmans, nous proposons de la viande halal. Le BAB illustre bien le quartier où nous nous trouvons, vers la Chapelle, Belleville. Mon burger star du moment est le « burger qui fume ». C’est un burger sur lequel je fais brûler du foin pour donner plus de goût et qui est servi sous cloche.

Par ailleurs, le restaurant a été référencé dans Le guide des 100 meilleurs burgers parisiens, c’est un bon départ !

Nous faisons partie des cinq meilleurs restaurants parisiens. Le New York Times nous a d’ailleurs consacré un article. On parle beaucoup du BAB dans la presse. J’ai exporté toutes mes connaissances de la gastronomie française vers le burger. Au départ, je croyais que cela allait faire peur aux gens mais finalement, ils ont l’air ravi.

Emissions culinaires, livres, comédie, restaurants, on ne t’arrête plus ! Où puises-tu cette énergie ?

Je dors très bien le soir (rires)… Non je pense que c’est dû à mon tempérament, je profite de chaque instant et du fait que je sois encore jeune. Je n’hésite pas à me lancer dans les projets. D’ailleurs, j’éprouve du mal à refuser les propositions que l’on me fait, même si je me retrouve avec beaucoup de travail. Par exemple, je vais me lancer dans l’écriture de deux livres, pour les Editions Hachette, l’un porte sur la cuisine marocaine et l’autre sur la street food.

Comment définirais-tu ta cuisine ?

Elle est déstructurée, innovante et décalée. Elle porte l’empreinte des spécialités marocaines, que je préfère aux autres d’ailleurs. Si on détaille mon burger on peut s’apercevoir qu’il s’agit d’un plat. Chaque ingrédient, chaque garniture, sont choisis avec le plus grand soin. Il y a une surprise dans chacune de mes spécialités, il peut s’agir de saveurs épicées, sucrées. En ce moment nous proposons un burger tout noir réalisé à partir d’encre de sèche, avec du calamar, ou encore celui du gigot d’agneau compoté, inspiré de la recette de ma mère. J’ai réalisé, il y a peu de temps, une pizza qui se boit. J’ai mixé tous les ingrédients en y ajoutant de la pâte à pizza en guise de croûtons et j’ai transformé le parmesan et la mozzarella en chips que j’ai posées par-dessus. Il s’agit d’une recette qui a beaucoup surpris mais qui a connu un franc succès.
Certains spécialistes prédisent que l’avenir de la cuisine sera une cuisine sans sel, es-tu de cet avis ?
Je partage un peu cet avis, puisqu’on peut obtenir du sel à partir d’un légume, en le cuisant trop. Cela me semble évident, à forte dose, le sel et le sucre sont des poisons. Dans ma cuisine, je ne me prive pas, je mets du sel et du sucre, à juste dose. Je propose quelques produits bio, ou du pain sans gluten, par exemple, pour ceux qui ne peuvent pas en manger. Cependant, je ne fais pas du sans sel ni du sans sucre, ma cuisine reste gourmande. Selon moi, le plus important est d’utiliser des produits de saison.

Une astuce speed cooking incontournable ?

J’écrase des chips de pommes de terre natures dans un mortier ou à la fourchette. J’y ajoute du curry. Ensuite, je trempe un morceau de poulet dans du jaune d’œuf, et je l’enrobe de chips écrasées. Je mets le tout à la poêle ou au four, cela donne un poulet croustillant. Je remplace parfois les chips avec des pétales de maïs soufflés, natures.

Portrait chinois :
Abdel si tu étais
Une épice : Raz-elhanout, c’est une épice magique que l’on met dans le couscous ou les tajines. Cette épice a bercé mon enfance.
Un plat de ton enfance : les madeleines de Proust (rires), non, un flan de pois chiches de l’ouest algérien, nommé karam.
Un Chef : ma mère, sans hésiter, c’est elle qui m’a transmis cette passion pour la cuisine.
Un ustensile de cuisine : le chinois, une sorte de passoire qui permet de fluidifier les sauces. C’est un objet magique à mes yeux.
Une comédie : Le grand restaurant de Louis de Funès
Une œuvre d’art : une chaise de marque Heine, avec une coque et des pieds en bois.
Un chef qui t’inspire : Thierry Marx, jury de « Top Chef »

Retrouvez Abdel ALAOUI sur scéne « One Man Chaud » Théâtre du Gymnase, à Paris.

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