Rachid Oujdi rend hommage aux Chibanis

Rachid Oujdi rend hommage aux Chibanis

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Rachid Oujdi rend hommage aux Chibanis

Ils s’appellent Abdallah, Ahmou, Mohamed ou Ramdane. Venus en France pendant les Trente Glorieuses à la recherche d’un travail, les Chibanis ont participé à la reconstruction du pays. Pourtant des deux côtés de la Méditerranée, ils sont trop souvent oubliés. Pour y remédier, Rachid Oujdi a mis sur pied un film documentaire pour leur rendre hommage.

Les Chibanis, ce sont ces travailleurs immigrés venus d’Afrique pour combler le manque de main-d’œuvre auquel la France devait faire face. Une aubaine, à l’époque, pour ces jeunes qui y voyaient un moyen de subvenir aux besoins de leur famille. « Ils sont venus pour travailler, pour envoyer de l’argent à leur famille. Ils sont venus dans des conditions difficiles et ont accepté des travaux pénibles », comme nous l’explique Rachid Oujdi, auteur et réalisateur de Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés.
Ce film documentaire, Rachid Oujdi a choisi de le consacrer au Chibanis algériens en hommage à ses parents mais surtout « parce qu’il y a une histoire particulière entre l’Algérie et la France ». Mais c’est avant tout le parcours de ces « hommes qui sont venus seuls et qui n’ont jamais fait de regroupement familial » qui a intrigué le réalisateur. Avec ce film documentaire, Rachid Oujdi a tenté de « faire comprendre pourquoi finalement les Chibanis n’ont pas pu retourner au Pays comme ils le souhaitaient et l’avaient programmé ».
« J’ai entendu beaucoup de gens demander pourquoi les Chibanis ne rentrent pas chez eux, mais c’est où chez eux finalement ? » questionne Rachid Oujdi. Difficile à dire tant leur situation est particulière. Leur départ leur a fait perdre leur légitimité aux yeux de leurs enfants restés au Pays et qui leur ont reproché leur absence. D’un autre côté, trop souvent en France « l’administration les prend pour des fraudeurs du fait que certains font des allers-retours perpétuels pour percevoir des aides lorsqu’ils ne touchent pas une retraite complète ».
Malgré cela, beaucoup restent en France. « Certains sont arrivés à 16 ans et en ont aujourd’hui 80 » nous explique Rachid Oujdi, « l’Algérie ne ressemble plus au pays qu’ils ont quitté et ils ont aussi leurs habitudes ici ». Et surtout, en restant ici, les Chibanis « se sentent utiles en envoyant leur petite retraite alors que là-bas ils n’ont pas vraiment leur place ».
Avec ce film documentaire, Rachid Oujdi a tenu à donner la parole aux « oubliés des Trente Glorieuses », une génération sur le point de disparaître et à qui il tenait à rendre hommage. Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés sera diffusé sur France 3 mais en attendant, il sillonnera la France à travers diverses projections. L’occasion de débattre et d’en savoir plus sur ces Chibanis.

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